L’impact du la sécheresse sur la mortalité des arbres et la croissance du liège dans la forêt de Hafir (Tlemcen).
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Le chêne-liège (Quercus suber L.), essence emblématique du bassin méditerranéen occidental,
connaît en Algérie une régression continue de ses subéraies, passées de 450 000 ha à la fin du
XIXe siècle à environ 230 000 ha actuellement, soit une perte proche de 49 %. Ce mémoire
s'intéresse à l'impact de la sécheresse sur la mortalité des arbres dans la forêt domaniale de
Hafir (monts de Tlemcen), l'une des principales subéraies de l'ouest algérien. La
caractérisation du milieu montre une aridification progressive du climat local : les
précipitations moyennes annuelles sont passées de 750 mm (1915-1934) à 644 mm (1961-
2017), avec une irrégularité interannuelle accrue, tandis que les températures moyennes
annuelles ont augmenté d'environ 1,5 à 2 °C. Un inventaire sanitaire a été réalisé sur quatre
sites du canton d'Oued Fernane (S1, S3, S4, S5), différant par leur exposition, leur pente et la
structure du peuplement. Sur un total de 188 arbres suivis, 52 ont été trouvés morts, soit un
taux de mortalité de 27,66 %, en nette hausse par rapport à 2024 (15,43 %), avec une forte
hétérogénéité spatiale : mortalité faible au site 1 (6,25 %, versant nord) et très élevée aux sites
3 et 5 (44 % et 47,69 %, versants exposés). La majorité des arbres morts appartenaient à la
classe de déficit foliaire 3, traduisant un dépérissement chronique, tandis que 10 %
présentaient une mortalité subite malgré un état sanitaire initial sain. Les arbres morts se
concentrent surtout dans la classe de diamètre 20-30 cm (46 %), et près de la moitié des troncs
examinés portaient des traces d'attaque du xylophage Platypus cylindrus, agent aggravant
opportuniste qui interrompt la circulation de la sève élaborée. Ces résultats confirment le
modèle de la « spirale du déclin » de Manion, selon lequel la sécheresse agit comme facteur
déclenchant, provoquant embolie xylémique et inanition carbonée chez l'arbre, ce qui
prédispose les individus affaiblis aux agents biotiques secondaires et conduit à leur mort. Le
stress hydrique chronique affecte également l'activité du phellogène et, par conséquent, la
croissance du liège, la vulnérabilité globale des arbres variant fortement selon les conditions
stationnelles (exposition, sol, structure du peuplement)