Contribution à l’étude des rendements et des activités biologiques de l’huile essentielle de Smyrnium olusatrum de la région de Tlemcen

Abstract

Smyrnium olusatrum L. (Apiacées), ou maceron, est une espèce méditerranéenne dont l’huile essentielle, riche en furanosesquiterpènes, demeure peu étudiée, en particulier en Algérie. Ce travail visait à déterminer les rendements et à évaluer les activités antioxydante et anti-inflammatoire de l’huile essentielle de cette espèce récoltée dans six stations de la région de Tlemcen : Aïn Defla, Aïn Fezza, Mansourah, Zarifet, Aïn Kebira et Remchi. L’huile a été extraite par hydrodistillation, séparément pour les tiges et feuilles, les fruits et les fleurs ; l’activité antioxydante a été appréciée par le piégeage du radical DPPH et l’activité antiinflammatoire par l’inhibition de la dénaturation thermique de l’albumine sérique bovine, toutes deux exprimées par la concentration inhibitrice médiane (CI50, moyenne ± écart-type). Les rendements, faibles dans l’ensemble, ont été plus élevés dans les organes reproducteurs que dans les parties végétatives : pour les tiges et feuilles, ils se sont échelonnés de 0,034 ± 0,008 % (Zarifet) à 0,057 ± 0,006 % (Aïn Kebira) ; les fruits ont varié de 0,044 % (Mansourah) à 0,124 % (Remchi) et les fleurs de 0,058 % (Zarifet) à 0,074 % (Aïn Defla), Aïn Kebira et Remchi étant globalement les plus productives. L’activité antioxydante, modérée, a été la plus marquée pour les fleurs (CI50 de 25,39 ± 0,94 à 47,97 ± 0,66 mg/mL) et les fruits (29,40 ± 0,74 à 46,93 ± 0,88 mg/mL), et la plus faible pour les tiges et feuilles (44,36 ± 0,27 à 84,17 ± 0,19 mg/mL), les meilleures performances étant obtenues à Zarifet (fleurs : 25,39 ± 0,94 mg/mL ; fruits : 29,40 ± 0,74 mg/mL) ; ces valeurs demeurent toutefois très supérieures à celle de l’acide ascorbique de référence (0,00221 ± 0,00041 mg/mL), traduisant une activité nettement plus faible. L’activité anti-inflammatoire, évaluée ici pour la première fois sur l’huile entière de l’espèce, est restée modérée : les fruits ont été les plus actifs et les plus réguliers (CI50 de 209,71 ± 0,57 à 240,71 ± 1,13 µg/mL), devant les fleurs (215,96 ± 0,68 à 274,86 ± 1,18 µg/mL) et les tiges et feuilles (222,68 ± 0,72 à 314,99 ± 0,91 µg/mL) ; la station d’Aïn Kebira a fourni systématiquement les valeurs les plus basses et Mansourah les plus élevées, l’ensemble demeurant nettement moins actif que l’ibuprofène de référence (37,11 ± 0,56 µg/mL). Le rendement comme les activités dépendent donc étroitement de l’organe et, secondairement, de la station de récolte.

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