Etude analytique des pathologies associées à la consanguinité dans la région de Béni Boussaid
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La région de Béni Boussaid constitue un terrain d'étude pertinent en raison des pratiques
matrimoniales traditionnelles pouvant favoriser l'apparition de certaines pathologies. Notre étude est
concentrée sur l'effet de la consanguinité sur la prévalence des maladies au sein de la population de la
commune de Béni Boussaid dans la wilaya de Tlemcen, précisément au niveau de 4 localités : Zouia,
Rafil, Roubane et Sidi Mbarek. La population d'étude comprenait 242 couples recrutés directement. En
complément, des descendants ont été recrutés individuellement, indépendamment de leurs parents. Au
total, les données concernaient 1 029 descendants. L'étude s'appuie sur une collecte de données
familiales, médicales et démographiques afin d'évaluer l'impact des mariages consanguins sur la
prévalence des maladies dans la région d'étude.
Environ 73,27% de descendants étaient issus de mariage consanguins contre 26,72% pour les nonconsanguins. La consanguinité au premier degré concernait 43,8% de parents, 25,3% pour le second
degré et 4% pour le troisième degré. Les résultats ont démontré une association significative entre la
consanguinité et les pathologies étudiées : troubles neuro-développementaux (OR = 7,50 ,IC95
%=[4,30–12,39] , P-value= <0,001***), troubles métaboliques (OR = 11,20 , IC95 %= [2,69–46,5], Pvalue= <0,001*), diabète de type 1 (OR = 6,10, IC95 %= [2,79–11,97], P-value= <0,001***) et goitre
(OR = 10,41, IC95 %= [1,40–77,5], P-value= <0,022 ), Les troubles sensoriels n'ont été observés que
chez les descendants consanguins (12,7%).
En conclusion, cette étude met en évidence une forte prévalence de la consanguinité dans la région de
Béni Boussaïd .Les résultats montrent que les unions consanguines sont significativement associées à
une fréquence plus élevée de plusieurs pathologies chez les descendants, notamment les troubles
Neurodéveloppementaux, le diabète de type 1, les troubles métaboliques, la myopie et le goitre. Les
analyses statistiques confirment que la consanguinité constitue un facteur de risque important pour la
survenue de ces affections dans la population étudiée. Ces observations soulignent l'intérêt de
renforcer les actions de sensibilisation, le conseil génétique et les programmes de dépistage précoce
afin de réduire l'impact des maladies héréditaires et d'améliorer la prise en charge des familles
concernées.