La maternité entre sacralisation et pouvoir destructeur dans Au Nom du Sein de FARTAS Nacera
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University of Tlemcen
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Ce mémoire de Master 2 en Littérature française s’inscrit dans une réflexion
critique sur la représentation de la maternité dans la littérature algérienne
contemporaine, à travers l’étude du roman Au nom du sein de Nacéra Fertas. Loin
des images traditionnelles et idéalisées de la mère, ce roman propose une vision
inédite, dérangeante parfois, de la figure maternelle, qu’il déconstruit en révélant ses
dimensions de pouvoir, d’influence et même de perversion.
Notre travail s’est centré sur la problématique suivante : comment la maternité est elle représentée dans le roman, et en quoi cette représentation dévoile-t-elle des
tensions sociales, culturelles et psychologiques profondes ? En adoptant une
approche descriptive et analytique, nous avons mobilisé les théories de Philippe
Hamon sur la sémiotique du personnage et de Gérard Genette sur le paratexte, afin de
décoder les mécanismes de construction narrative et symbolique de la figure
maternelle.
À travers l’analyse du paratexte (titre, préface, couverture...), des portraits des
quatre mères principales (la mère de Kader, de Djamel, de Messaoud et de Djaloul),
et des relations complexes mère-fils, nous avons mis en lumière une maternité
instrumentalisée, parfois toxique, souvent sacralisée. Dans ce roman, la mère n’est
plus uniquement source d’amour, mais aussi d’autorité, de malédiction et de
souffrance. L’éducation, loin d’être neutre, devient un terrain de domination où
certaines mères imposent à leurs fils des parcours marqués par la soumission, la
déviance ou la violence.
En explorant les dimensions psychologiques, sociologiques et religieuses de ces
rapports, ce mémoire interroge également la place de la femme dans la société arabo musulmane, entre tradition, sacrifice et silence. Nacéra Fertas, en osant « accuser » la
mère, ne cherche pas à la condamner, mais à éveiller les consciences et à ouvrir un
débat courageux sur la transmission, l’autorité maternelle et le rôle de la femme dans
la reproduction des déséquilibres sociaux.