Étude de la corrélation entre les déséquilibres du magnésium, l'obésité et la résistance a l'insuline (HOMA-IR) dans le contexte des maladies Cardiométaboliques

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Contexte : Les anomalies du métabolisme du magnésium (Mg) participent au déséquilibre cardiométabolique chez le diabète de type 2 (DT2). L’analyse conjointe du Mg sérique et intracellulaire — mesuré en compartiment érythrocytaire — reste peu explorée, notamment dans la sous-population insulinopénique. Objectif : Décrire les profils sériques et érythrocytaires de magnésium chez des patients DT2 insulinopéniques comparés à des témoins sains, évaluer leurs corrélations avec les indices HOMA-IR et HOMA-B, et proposer leur intégration au bilan biologique et aux stratégies thérapeutiques. Méthodes : Dans une étude cas-témoins (n = 71 cas DT2 insulinopéniques, n = 154 témoins), nous avons mesuré glycémie, insulinémie, peptide C, Mg sérique, Mg érythrocytaire, bilan ionique et anthropométries. Les indices HOMA-IR et HOMA-B ont été calculés. Analyses statistiques : tests de Student/Mann–Whitney, corrélations de Pearson, régressions logistiques et linéaires, ROC pour la discrimination. Résultats : – Anthropométrie et métabolisme glucidique : les cas présentaient un tour de taille et un IMC supérieurs (p < 0,005), une glycémie plus élevée (1,57 ± 0,84 vs 0,90 ± 0,07 g/L, p < 0,0001) et un profil insulinopénique (insulinémie 9,33 ± 7,18 vs 33,23 ± 25,24 pmol/L, p < 0,0001). – Magnésium : légère hypomagnésémie sérique chez les cas (20,99 ± 2,72 vs 21,13 ± 2,84 mg/L, p < 0,0001) mais élévation paradoxale du Mg érythrocytaire (41,55 ± 10,42 vs 1,91 ± 0,17 μg/g hém, p = 0,0002). – Corrélations : Mg sérique corrélé fortement à HOMA-IR (r = 0,955 ; p < 0,0001) ; Mg érythrocytaire corrélé au peptide C (r = 0,401 ; p < 0,0001). – Modèles prédictifs : en régression logistique, l’IMC reste le principal facteur associé à la résistance (OR 1,15 ; p = 0,037), tandis que Mg sérique et Mg érythrocytaire n’atteignent pas la significativité. En ROC, le Mg sérique présente une AUC modérée (0,689 ; p < 0,0001) contre 0,591 pour l’IMC. – Apports alimentaires : déficit nutritionnel en magnésium fréquent chez les femmes DT2 insulinopéniques. Conclusion : Le profil bilocal de magnésium distingue les DT2 insulinopéniques d’une sous-population insulinorésistante et se corrèle aux indices HOMA. L’intégration systématique de l’insulinémie, du peptide C et des mesures sériques et érythrocytaires de Mg dans le bilan biologique permettrait une meilleure détection et stratification du risque cardiométabolique. Des études prospectives, incluant l’enquête alimentaire et des interventions de suppléance magnésienne adaptées au phénotype insulinopénique, sont nécessaires pour évaluer l’impact sur la survenue de cardiomyopathies.

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