Impact de la variabilité génétique des sélénoprotéines et du statut en micronutriment sur le développement de la schizophrénie ; étude transversale

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La schizophrénie (SCZ) est le résultat d’une combinaison de plusieurs facteurs : génétiques, environnementaux, neurobiologiques et nutritionnels. L’objectif principal de cette thèse est d’explorer le rôle combiné des facteurs nutritionnels et génétiques dans la susceptibilité à la SCZ au sein de la population de la wilaya de Tlemcen, en particulier dans la région de Maghnia. La première partie de cette thèse a porté sur une enquête menée auprès de 47 patients atteints de SCZ et de 74 témoins en bonne santé, dans le but d’établir un profil épidémiologique et nutritionnel des participants. La deuxième partie a consisté en l’évaluation de l’homéostasie plasmatique de certains micronutriments — le sélénium (Se), le cuivre (Cu) et le zinc (Zn) — ainsi que de leurs ratios, utilisés comme biomarqueurs potentiels du stress oxydatif, estimé à travers la mesure du malondialdéhyde (MDA) plasmatique et de l’activité érythrocytaire de la glutathion peroxydase (GPx-1). La troisième partie a porté sur l’étude du polymorphisme d’un seul nucléotide (SNP) rs1050450 (C/T) localisé dans l’exon 2 du gène GPX1, associé à une réduction de l’activité enzymatique de GPx-1 et à diverses pathologies. Une analyse similaire a été réalisée pour le SNP rs3877899 (G/A) du gène codant la sélénoprotéine P (SEPP1). L’enquête épidémiologique a mis en évidence une association significative entre le niveau d’instruction et la SCZ (OR = 8,805 ; IC95% = 1,490 - 52,042 ; p = 0,016 pour un niveau d’instruction inférieur au secondaire). Le tabagisme s’est également révélé être un facteur fortement associé à la SCZ (OR=21,549; IC95% = 4,216 - 110,131) ; p < 0,001). L’évaluation du profil alimentaire en énergie, macro- et micronutriments a montré des apports inadéquats en énergie, Cu, Zn, fer, Ca, et Mg. Nos résultats suggèrent qu’un apport énergétique adéquat pourrait contribuer à l’amélioration de l’état clinique des patients (OR = 0,995 ; IC95% = 0,991- 0,999; p = 0,008). Le dosage plasmatique des micronutriments a montré que les taux en Cu, Zn et Se étaient plus faibles chez les patients (1,21 ± 0,08 mg/L vs 1,28 ± 0,10 mg/L ; 0,74 ± 0,11 mg/L vs 0,84 ± 0,11 mg/L ; 63,90 ± 6,02 μg/L vs 78,55 ± 7,21 μg/L ; p<0,05, respectivement). En revanche, les ratios Cu/Zn, Cu/Se et Zn/Se étaient plus élevés (p < 0,05). L’évaluation du système oxydant/antioxydant a mis en évidence une diminution de l’activité érythrocytaire de la GPx-1 concomitante à une élévation du taux de MDA chez les patients, avec des différences significatives par rapport aux témoins sains. Nos résultats suggèrent que le ratio Cu/Se pourrait constituer un biomarqueur périphérique associé à la SCZ (OR = 1,535 ; IC95 % = 1,046-2,254 ; p = 0,029), dont le risque semble modulé à la fois par des facteurs environnementaux et une susceptibilité génétique individuelle. Cependant, aucune différence significative n’a été observée dans la distribution des fréquences génotypiques et alléliques des polymorphismes étudiés entre les patients et les témoins, suggérant que l’influence génétique de ces variants pourrait dépendre d’interactions plus complexes. Ces résultats soulignent l’importance d’une approche intégrée, combinant les dimensions nutritionnelle, biochimique et génétique, pour une meilleure compréhension des mécanismes physiopathologiques de la schizophrénie et une amélioration potentielle de sa prise en charge. Mots clés : Schizophrénie, micronutriments, Glutathion peroxydase 1, Malondialdéhyde, SNP C/T (rs1050450), Sélénoproteine P, SNP G/A (rs3877899).

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