La thérapie ciblée du carcinome thyroïdien réfractaire au sein du service du médecine nucléaire CLCC Tlemcen en 2017

Abstract

Le carcinome thyroïdien différencié (CTD) représente la forme la plus fréquente de cancer de la thyroïde, touchant majoritairement les femmes adultes. Dans la majorité des cas, son évolution est favorable sous traitement conventionnel, reposant sur une chirurgie complète, suivie d’une IRA-thérapie (iode radioactif) et d’une hormonothérapie substitutive ou frénatrice. Cependant, environ 5 à 10 % des patients évoluent vers une forme dite réfractaire à l’iode radioactif (RAI-R), caractérisée par l’absence ou la perte de captation de l’iode dans les lésions tumorales. Cette situation réduit drastiquement les options thérapeutiques et compromet le pronostic. Face à cette impasse thérapeutique, les progrès récents en biologie moléculaire ont permis de mieux comprendre les mécanismes génétiques et cellulaires responsables de la progression tumorale et de la réfractarité. Des mutations spécifiques, telles que BRAF V600E, RAS, TERT, ou des réarrangements de gènes comme RET/PTC, ont été identifiées comme étant à l’origine d’anomalies dans les voies de signalisation intracellulaires (MAPK, PI3K/AKT), favorisant la croissance, la dissémination et la résistance thérapeutique. Dans ce contexte, les thérapies ciblées ont émergé comme une alternative efficace. Ces traitements, principalement représentés par les inhibiteurs de tyrosine kinase (ITK) tels que sorafénib, lenvatinib ou cabozantinib, bloquent sélectivement les récepteurs ou enzymes impliqués dans la progression tumorale et l’angiogenèse. Ils permettent ainsi de ralentir l’évolution de la maladie, voire de stabiliser les métastases, tout en préservant au mieux les tissus sains. Ce travail a porté sur une étude rétrospective menée au sein du service de médecine nucléaire du CHU de Tlemcen, visant à évaluer l’efficacité du sorafénib chez des patients atteints de carcinome thyroïdien métastatique réfractaire à l’iode. L’analyse a permis d’identifier les caractéristiques cliniques et biologiques de ces patients, d’évaluer leur réponse au traitement et d’observer une amélioration significative de la survie sans progression dans plusieurs cas. Les résultats obtenus confirment le rôle majeur que peuvent jouer les thérapies ciblées dans la prise en charge personnalisée des cancers thyroïdiens avancés. Cependant, leur usage reste limité par leur coût, les effets indésirables, et l’accès restreint aux tests moléculaires dans certains contextes, notamment dans les pays en voie de développement. En conclusion, ce mémoire met en lumière l’importance d’une approche multidisciplinaire, intégrant la biologie moléculaire, la pharmacologie ciblée et l’oncologie clinique, pour optimiser la prise en charge des cancers thyroïdiens réfractaires. Il appelle également à renforcer l’accès aux technologies de diagnostic avancées, condition essentielle à la mise en oeuvre d’une véritable médecine spécialisée.

Description

Keywords

Citation